04 fév 2011

Cinq questions à Jean-François Noblet

4 février 2010. Suite à la découverte du guide édité par le Conseil général de l’Isère sur les moyens de mieux concilier routes et environnement, je suis allé  interroger Jean-François Noblet, conseiller technique et environnement au Conseil général de l’Isère et initiateur du guide.

Comment est née l’idée de publier votre guide pour mieux concilier routes et environnement  ?

Au départ, c’était une volonté de mieux armer les agents du Conseil général qui commençaient à mettre en œuvre des pratiques nouvelles. J’ai voulu réunir des arguments que les techniciens du Conseil général pourraient avoir toujours avec eux, dans leur camion, pour convaincre plus efficacement de la justesse de certains choix.

Comment vous-y prenez-vous pour diffuser les bonnes pratiques au sein de votre collectivité ?

Je pars du principe que je n’ai aucun pouvoir. Et j’ai la conviction que ce qui est imposé ne marche pas. Alors j’agis avec les agents les plus volontaires. Avec eux, je développe des expérimentations sur des sujets précis comme par exemple le salage raisonnée des routes, la biodiversité des talus ou bien les ponts vivants. Ces expériences pragmatiques permettent de tirer des enseignements et finissent par constituer, ajoutées les unes aux autres, un véritable programme d’actions. Surtout, elles contribuent à valoriser les acteurs et leur donne un sentiment de fierté et de réussite. Par ailleurs je ne me gène pas pour valoriser notre action dans les médias. J’obtiens ainsi un pouvoir d’influence supérieur à la réalité de la hiérarchie.

Avez-vous constaté des réticences de la part des services techniques ?

On n’est plus du tout dans une situation de blocage mais plutôt dans une situation de  coopération. Je fais attention à bien me mettre à la place du technicien pour voir si les propositions sont cohérentes. Par exemple, hier, je me suis rendu sur un pont sur lequel nous souhaitions réaliser des aménagements pour éviter l’écrasement trop fréquent de petits animaux. Nous avons modifié sur place le projet original, en dépit des très faibles moyens du projet, parce qu’on a constaté que notre projet aurait gêné les chasses-neige.

Etes-vous freiné dans vos actions par la rareté accrue des ressources budgétaires ?

La plupart du temps, les préconisations du service environnement conduisent à des économies budgétaires, simplement en modifiant les pratiques courantes. Après, il se peut que des investissements nouveaux nécessitent un effort supplémentaire pour réaliser un aménagement spécifique. Dans ce cas, nous nous efforçons de convaincre les services techniques de mobiliser leur propre budget. On y arrive quelque fois, mais c’est vrai que l’exercice est de plus en plus difficile. Mais plus tôt on intègre les préoccupations environnementales dans le cahier des charges, plus les économies sont importantes. Il faut agir très en amont de la maîtrise d’ouvrage.

Pensez-vous qu’il faille aller plus loin dans les incitations financières ?

Depuis le mois de mars, le Conseil général de l’Isère pratique l’éco conditionnalité des critères de subvention. Par exemple, on demande aux communes de supprimer l’usage des pesticides en bordures de voiries. Et les crèches ne sont financées que si elles utilisent des couches lavables. Pareil pour les bâtiments communaux où une pluri-occupation des salles est exigée, ainsi qu’une basse consommation énergétique. Dès 1995, le Département s’était engagé dans une charte pour mettre en œuvre des mesures compensatoires à hauteur de 10 % des investissements routiers. On n’arrive pas toujours aux 10 % mais je n’observe pas de réticences particulières à entreprendre des actions de compensation : ça rentre petit à petit dans les procédures normales.

Pour en savoir plus :
- Lire notre analyse du guide édité par le Conseil général de l’Isère
http://co2monamour.net.free.fr/spip.php?article133
- Pour obtenir le guide « Concilier routes et environnement » édité par le Conseil général de l’Isère, vous pouvez écrire ici

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