04 fév 2011

Concilier routes et environnement

4 février 2010. Dans une autre vie de modeste employé de bureau, mon chef a un jour glissé vers moi un courrier qui lui avait été adressé par un administré désappointé. Cette personne se plaignait du mauvais entretien des aires de repos sur une route départementale et déplorait l’absence de poubelles. Essayant d’imaginer la réponse susceptible de consoler cet usager déçu de la voirie, je me suis alors dit un peu rapidement qu’il paraissait difficile d’exiger de nos concitoyens un comportement exemplaire avec les détritus sauvages si on ne leur facilitait pas un minimum la vie. Et bien j’avais tout faux !

Dans un guide édité par le Conseil général de l’Isère, j’ai appris par exemple que la poubelle extérieure installée sur les aires de repos était une fausse bonne idée. « Cela oblige souvent un personnel d’entretien à faire de nombreux kilomètres avec un camion pour récolter 15 kg d’ordures non triées. C’est un gaspillage alors que ces déchets sont arrivés en véhicule et que ce n’est pas un problème de les transporter jusqu’à une poubelle sélective par le même véhicule ».

L’époque n’est plus à la construction de routes, on le sait. Mais certains sites particulièrement engorgés ou bien accidentogènes nécessitent des aménagements. Et le réseau existant requiert un entretien permanent. Comment s’efforcer de réduire l’impact des routes sur la biodiversité ? Le guide édité par le Département de l’Isère montre que des solutions existent.

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Il fourmille de bons conseils. Après une démonstration courte mais efficace de l’impact négatif de la route sur l’environnement, il livre une multitudes de bonnes pratiques pour mieux prendre en compte les préoccupations environnementales lors de la création des voiries puis lors de leur usage et de leur entretien. Ainsi par exemple, on apprend qu’il est possible, avant les travaux, d’associer un biologiste aux études préalables. Pendant les travaux, il est recommandé de recycler des déchets tels que des vieux pneus par exemple pour opérer certains remblais. Après les travaux, d’autres bonnes idées sont applicables comme par exemple celle consistant à réaliser un fauchage raisonné des dépendances ou bien aménager des ponts vivants : selon une étude récente du Centre ornithologique Rhône-Alpes, plus de la moitié des ponts hébergent au moins une espèce animale. Sur 860 visités, 12 espèces d’oiseaux, 9 de chauves souris, 6 d’amphibiens et 7 de reptiles ont été répertoriées. La quasi-totalité de ces espèces sont protégées par la loi.

Le guide du Conseil général de l’Isère au banc d’essai
Les + Les -
Un vrai catalogue d’actions opérationnelles faciles à mettre en œuvre. Quelle est la certitude que les actions préconisées sont bien mises en œuvre de manière effective ?
Une ambition réelle de placer les préoccupations environnementales au cœur des politiques déployées par les services techniques. Risque que les recommandations soient perçues comme des mesurettes destinées à verdir une politique routière peu durable ?

Pour en savoir plus :
- Lire notre interview de Jean-François Noblet, initiateur du guide
http://co2monamour.net.free.fr/spip.php?article133
- Pour obtenir le guide « Concilier routes et environnement » édité par le Conseil général de l’Isère, vous pouvez écrire ici

© Paulus Rusyanto – Fotolia.com

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