24 déc 2010

Votre route d’hiver : sucrée ou salée ?

Vendredi 24 décembre 2010 - Trois jours à peine que l’hiver est entamé officiellement et une grande partie de la France entame déjà son troisième ou quatrième épisode neigeux. Quoi de plus sympathique qu’un Noël sous la neige ? Moins sympa quand l’enneigement est tel qu’il bloque les déplacements routiers, ferroviaires ou aériens. Alors que le déneigement et l’approvisionnement en sel deviennent la préoccupation numéro 1 des autorités, il nous a paru intéressant de faire le point brièvement sur les pratiques alternatives en matière de déneigement des routes.

Pourquoi le sel est-il utilisé massivement pour sécuriser les routes en hiver ?
Le sel est le fondant le plus efficace pour combattre la neige et le verglas. Le sel facilite la fonte de la neige en abaissant de quelques degrés le point de congélation du mélange sel / eau. Il a un effet rapide pendant plusieurs heures et agit jusqu’à – 8°C.

L’impact du sel et du sable sur l’environnement
L’ épandage massif de sel pour sécuriser les routes en hiver constitue toutefois une pollution non négligeable de l’environnement. Le dépérissement des arbres de bord de routes et l’accroissement de la salinité des eaux avec ses répercutions sur l’aquafaune et l’avifaune figurent parmi les conséquences majeures de cet usage. De plus, Le sel utilisé pour le déneigement (non raffiné comme le sel de table) contient de nombreuses impuretés et en particuliers plusieurs métaux lourds en quantités infimes mais tout de même répertoriées (brome, additifs…). Lire aussi.

L’épandage de sable ou de gravier constitue l’alternative la plus répandue mais n’est pas non plus exempt de tout reproche environnemental
Le sable sert plutôt à assurer la traction sur une route glissante. Contrairement au sel, il ne fait pas fondre la neige et la glace. Le sable est utile quand il fait trop froid pour que le sel soit efficace, ou bien lorsque l’objectif immédiat est d’améliorer la motricité des véhicules, en particulier sur les plan inclinés, dans les courbes, sur les ponts, aux intersections et sur les routes recouvertes de neige durcie. Mais l’épandage de sable à grande échelle pose un certain nombre de problèmes environnementaux tels que le renforcement de l’imperméabilité des sols.

L’utilisation raisonnée du sel ou du sable
Au Canada, l’Etat de l’Ontario développe de longue date une politique de normalisation et de transparence des opérations de déneigement et déglaçage des routes. Plus près de nous, la communauté urbaine de Strasbourg s’est lancée dans une politique  globale de salage différencié. Cette politique est accompagnée par un plan d’interventions qui priorise les opérations de déneigement pour les voiries communautaires en fonction de la fréquentation, de l’usage et des risques identifiés sur les voies. Elle se traduit par une baisse de l’épandage de sel sur certaines voiries en fonction de l’intensité de l’événement météorologique (neige forte, neige faible ou verglas).

Le salage différencié à Strasbourg
En pratique le salage différencié concerne uniquement des voies résidentielles ou pistes cyclables peu fréquentées et sans pente. Ce sont les voies sur lesquelles on peut rouler au pas, où les risques sont limités et maîtrisables. Ainsi, les routes et pistes cyclables secondaires sont traitées uniquement en cas de neige forte ou de verglas pour les communes de la CUS hors Strasbourg; et uniquement en cas de verglas pour la ville de Strasbourg dans le cadre d’une expérimentation. Une communication à destination des usagers accompagne cette politique, afin de mieux les responsabiliser et encourager un comportement adapté à la viabilité hivernale. (Pour en savoir plus)

L’obligation faite aux automobilistes de chausser des pneus neige
Comment concilier le souci de la sécurité des usagers et celui de la protection de la nature ? Equation difficile pour les collectivités qui parfois ont « la main un peu lourde » sur la salière pour se prémunir des contentieux éventuels en responsabilité. Nos voisins allemands ont instauré dès 2006 une législation contraignante au terme de laquelle les véhicules doivent posséder un équipement adapté en fonction des conditions climatiques, sous peine de voir  impliquée la reponsabilité de leur propriétaire en cas d’accident.

Entre prévention, responsabilisation et coercition
Dans certains pays d’Europe du Nord, obligation est faite aux automobilistes de rouler avec des pneus neige entre certaines dates (du 1er décembre au 31 mars par exemple). En Finlande, les contraventions sont relativement élevées et varient en fonction des revenus. Un renforcement des contraintes réglementaires serait-il applicable en France ? Pas certain, pour au moins deux raisons : la rudesse des hivers est loin d’être une constante sous notre latitude et le contrôle des équipements serait difficile à assurer.

Les pneus neige ont aussi leur limite
Par ailleurs, les pneus neige posent eux aussi la question de leur adéquation aux principes du développement durable : leur généralisation est-elle possible dans un contexte de gel du pouvoir d’achat des ménages ? N’y a t-il pas en toile de fond une pression consumériste exercée par les grands équipementiers automobiles ? Quelle est la conséquences de ces pneumatiques sur la consommation des véhicules ? En tout état de cause, du strict point de vue de la sécurité routière,  la question de l’adaptation des trains de roues aux conditions climatiques méritent d’être posée : le renforcement du couple à bas régime des moteurs modernes a certainement affaibli la motricité des véhicules d’aujourd’hui dans les situations difficiles.

L’utilisation du sucre plutôt que du sel
En Suisse, sur certains axes près de Berne notamment, dans un contexte de pénurie croissante de sel une expérience est conduite pour remplacer le sel… par du sucre de betterave !  Déjà utilisé aux Etats-Unis, en Suède, et en Norvège, le sucre serait même plus efficace que le sel et plus écologique : il abimerait  moins les infrastructures, car il est moins corrosif.  Seul point négatif, produire du sucre de betterave reste beaucoup plus cher que d’extraire du sel. Aux Etats-Unis, des Etats fédérés sont d’ailleurs revenus au sel pour des raisons économiques.

Petite revue de presse électronique sur le déneigement par le sucre

En suisse on ne sale plus les routes on les sucre
Déneigement : le sucre remplace le sel sur l’A6
Après le sel, le sucre !
Polémique sur l’obligation de rouler en pneus hiver
Un mélange sucré-salé pour déneiger les routes
Déneigement : salé ou sucré ?

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© Fotolia – Frédéric Prochasson

Un Commentaire

  1. 1 7 juillet 2011 à 12:47
    Permalien

    Bonjour,
    vous dites dans l’article que le Sel a un impact non négligeable sur l’aquafaune et l’avifaun, je suis pas très convaincu par cette afirmation. existent ils des preuves scientifiques fiables qui puissent prouver cela?

    Cordialement

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