02 oct 2010

Aménagement durable : quelle approche ?

Mardi 2 novembre 2010 -L’aménagement durable, comme ancrage territorial du principe de durabilité.
L’aménagement des territoires doit être appréhendé comme un vecteur de développement durable, dès lors qu’il confère un véritable ancrage territorial au concept de durabilité. Si le développement durable s’est d’abord juxtaposé aux dispositifs existants, sa dimension transversale s’est progressivement affirmée.

D’abord politique volontariste étatique incarnée par la DATAR, l’aménagement du territoire  a connu de profondes mutations : cette politique s’est d’abord attachée à résorber les déséquilibres régionaux (notamment entre Paris et le « désert français »), avant de rechercher l’affermissement des avantages compétitifs des territoires, dans un contexte de concurrence accrue à l’échelle internationale. En outre, l’action territoriale est marquée par un processus de différenciation accentuée, si bien que l’aménagement des territoires se substitue aujourd’hui à l’aménagement du territoire.

La territorialisation des dispositifs d’aménagement se traduit notamment par la réappropriation des politiques d’aménagement par les pouvoirs locaux. Il en découle une fragmentation des périmètres d’intervention et une multiplication du nombre d’acteurs, qui soulèvent l’enjeu de la cohérence d’ensemble. La gouvernance locale reste en outre perfectible : le développement des démarches participatives doit permettre une appropriation accrue de l’aménagement durable par les populations.

L’aménagement durable s’est ainsi imposé comme nouveau cadre d’action. Peu à peu introduit dans les différents domaines de l’aménagement, le développement durable a d’abord fait l’objet d’approches fragmentées, sectorielles (eau, déchets, énergie…) ou géographiques (littoraux, montagnes, régions métropolitaines…).

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L’aménagement durable comporte néanmoins des limites intrinsèques. Il est notamment confronté à l’écueil de la conciliation difficile entre ses piliers économique, social et environnemental. Il fait parfois l’objet d’une lecture réductrice, privilégiant son pilier environnemental, au détriment des dimensions économique et sociale. Ce déséquilibre entre les trois piliers du développement durable se manifeste notamment à travers le conflit persistant, entre aménagement et protection de l’environnement. Les parcs naturels régionaux offrent néanmoins l’exemple d’une cohabitation organisée, entre protection de l’environnement et attractivité du territoire.

Au-delà de ces difficultés, l’enjeu reste aujourd’hui de promouvoir une vision transversale de l’aménagement durable, pour une meilleure cohérence fonctionnelle et territoriale. Ainsi que le souligne Magali REGHEZZA-ZIT[1], « L’aménagement durable demande ainsi une approche transversale, intégrée et multiscalaire ».

© Christian Pedant – Fotolia.com


[1] Magali REGHEZZA-ZIT, « L’aménagement durable des territoires en France », Cahiers français, n°355, mars-avril 2010



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