04 nov 2010

J’ai testé pour vous le Coach Carbone©

3 novembre 2010 - Depuis que mon « coach Carbone » me conseille, j’ai perdu… 520 kg de CO2 (et gagné 76 € par an). Tout ça en affirmant que je vais adopter quelques gestes simples, ceux qu’on nous répète depuis quelques années à grands coups d’ours polaires : des douches moins longues, moins de viande dans l’alimentation, lavage du linge à 30°…

Sauf que les « bons réflexes » de mon « plan d’action », ce sont des gestes que je faisais déjà ; mais ça, le coach ne me l’a pas demandé dans son questionnaire.

Facile dans ces conditions d’obtenir des beaux graphiques plein de vert, comme celui de notre foyer (2 personnes, région parisienne) :

Comment ça marche ?

A l’utilisation, l’outil (www.coachcarbone.org) créé par l’ADEME et la Fondation Nicolas Hulot est  simple, sauf peut être sur la partie transports. L’ensemble est très pédagogique, avec deux étapes bien identifiées : une fois inscrit, vous réalisez votre bilan carbone dans 4 domaines (habitat, équipement, transport, alimentation) ; puis vous passez au plan d’action.

Plutôt bien conçu, le parcours vous permet d’identifier les domaines les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de vos comportements, et repose beaucoup sur les schémas. Vous découvrirez ainsi le cycle de vie d’un steak haché surgelé :

La précision du diagnostic laisse à désirer dans certains domaines. Par exemple, la partie « équipement » du questionnaire vous permettra d’indiquer la nature de vos équipements, mais pas l’utilisation que vous en faites.

De façon générale, très peu de questions portent sur les comportements, alors que c’est le thème central des recommandations. Il est donc très facile de « gagner » du CO2 en indiquant qu’on va modifier ses habitudes : si vous faites déjà un peu attention (utilisation des bonnes températures pour le réfrigérateur et le congélateur, équipements de froid loin des sources de chaleur, pas de plats encore chauds dans mes équipements de froid, appareils électriques éteints et chargeurs débranchés quand ils ne servent pas…), félicitations, vous « économiserez » automatiquement 200 kg de CO2 par rapport au diagnostic initial.

De même sur l’alimentation : il m’a suffit de signaler que je consommerais un repas à base de viande en moins par semaine et de cocher la case « j’adopte les bons réflexes » (consommer des produits de saison, privilégier des produits de proximité, choisir des produits avec des labels de qualité) pour « économiser » près de 300 kg de CO2.

On saluera par contre l’honnêteté de la partie habitat, qui ne propose pas de gain facile. Si l’on lui décrit un logement bien isolé et des comportements de chauffage assez rigoureux (et je confirme, il fait frais chez nous), la réponse du plan d’action : « Par rapport à votre diagnostic, nous n’avons pas de travaux à vous proposer » (les 10 kg d’économies potentielles de CO2 sur le graphique correspondent à un comportement plus rigoureux sur l’eau chaude, càd des douches moins longues).

Un coach très rassurant

L’angle choisi se veut positif et convivial : contrairement à d’autres outils similaires, comme le calcul de l’empreinte écologique mis en place par le WWF par exemple, on évite soigneusement de vous culpabiliser pour vos comportements peu écolos. Ce n’est pas ici qu’on vous dira que votre mode de vie « consommerait » deux planètes ou plus s’il était généralisé. Vous saurez simplement si vous consommez plus ou moins que la moyenne des foyers français, et où vous vous situez par rapport au facteur 4.

L’accent est surtout mis sur les gains financiers directs que vous pourriez obtenir sur la facture de carburant et d’électricité, mais aussi par la grâce des aides gouvernementales : ainsi, le plan d’action Habitat vous propose, si vous choisissez de réaliser des travaux, de « calcule[r] votre retour sur investissement à partir de vos devis en incluant les aides ».

Une communication très au point

Le coach ne veut pas seulement du bien à votre portefeuille, il en veut aussi à vos amis. Le site met  en avant, dans une rubrique « Ils l’utilisent », les entreprises et associations qui utilisent le Coach Carbone® « dans le cadre de leurs programmes de sensibilisation aux économies d’énergies et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (PCET, Agenda 21, programmes spécifiques…) ».

Et surtout, il vous propose, « parce que vous avez aimé ce site et que vous avez envie de le faire partager aux plus grand nombre », un « e-kit de promotion », pour « faire avancer la cause environnementale » : « vidéos marrantes », bannières flash, partage sur twitter, facebook et autres…

Alors, ce bilan carbone ?

Plus précisément, le coach m’indique que je pourrais perdre 3,35 tonnes au total. Mais ayant de la famille en outre mer, je pense que nous allons continuer à faire chacun nos 16 h d’avion par an, donc je fais pour l’instant une croix sur les 2,83 t CO2 que je pourrais économiser sur les transports.

A part ce voyage annuel en avion, notre mode de vie est déjà considéré comme plutôt écolo : pas de voiture, appartement bien isolé, peu de viande, pas de suréquipement électroménager (pas de lave vaisselle, de sèche linge)… Et pourtant, nous émettons à deux plus de 7 tonnes de CO2 par an.

Même si l’on supprimait les voyages en avion et que l’on appliquait toutes les consignes du coach, on serait à 4 tonnes, soit encore loin, très loin du facteur 4 (= division par 4 des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990), l’objectif international d’ici 2050 dont le coach, décidément optimiste, nous dit qu’il est « réalisable ».

Cet outil a donc un mérite principal à mes yeux, celui de nous faire saisir, au-delà des domaines déjà connus, l’ampleur des changements de comportements qui seront nécessaires pour atteindre un niveau soutenable des émissions de GES…

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