26 mar 2011

Précarité énergétique… combien et jusqu’à quand ?

Samedi 26 mars 2010 - Afin de faire face à la flambée du prix de l’essence, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a annoncé la mise en place d’un « observatoire ». Pathétique.

Répondre aux urgences

Elle a même osé conseiller aux Français d’éteindre le moteur de leur voiture à l’arrêt ! Si l’on veut être sérieux et crédible, pour lutter contre le coût de l’énergie pour les citoyens, il vaudrait mieux contrôler les marges substantielles des compagnies pétrolières et surtout rétablir le mécanisme de TIPP flottante pour faire baisser le niveau des taxes sur l’essence. De même, le 1er mars dernier, la ministre de l’Ecologie et du développement durable Nathalie Kosciuzko-Morizet a annoncé la mise en place d’un observatoire de la précarité énergétique. Sur ce point, à la différence du machin proposé par madame Lagarde, cet observatoire dont seront notamment parties prenantes le ministère, l’ADEME, l’ANAH et l’ARF est utile et même nécessaire. Il permettra d’objectiver la situation de précarité énergétique dans laquelle se trouve un nombre croissant de nos concitoyens et ainsi, de constituer un espace de suivi des actions entreprises pour la réduire, afin d’en mesurer les impacts et d’en partager les expériences

Pour rappel, se trouve en situation de précarité énergétique toute personne qui consacre plus de 10% de ses ressources à ses dépenses énergétiques. Le nombre de Français concernés avoisinerait les 3,5 millions, chiffre qui n’est susceptible que d’augmenter avec la hausse du prix du gaz de 5% au 1er avril (ce n’est malheureusement pas un poisson) et celle envisagée de l’électricité à mi 2011, concomitamment au renchérissement actuel du baril de pétrole. Pour autant, la puissance publique n’est pas impuissante face à cette hausse de la précarité énergétique. L’Etat autant que les collectivités territoriales peuvent d’une part agir pour une transition économique vers un modèle économique moins énergivore et, d’autre part, décider de mettre en place des aides financières publiques apportées aux ménages précaires.

Il faut se rendre compte que les initiatives locales (fléchage des budgets du fonds de solidarité logement départemental vers l’isolation thermique des logements et éducation à un comportement énergétique plus sobre) ou nationales (on pourrait imaginer la création d’un fonds national d’aide à la résorption de la précarité énergétique) dans le domaine apparaissent comme une impérieuse nécessité en termes de solidarité nationale et de cohésion sociale.

Comment expliquer que dans la cinquième puissance économique du monde, une part significative de la population ne puisse pas payer ses factures énergétiques, ou bien se retrouve même contrainte de ne pas suffisamment se chauffer pour pouvoir manger et se loger correctement ?

3 Commentaires

  1. 1
    Emmanuel Charil
    27 mai 2011 à 09:11
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    Je viens de lire avec un grand intérêt ton article Alexandre.
    Deux réactions :
    - ne soit pas trop nostalgique de la tipp flottante : outre le fait qu’elle coûte un bras à l’Etat (et donc au contribuable) sur le moyen et long terme, parce qu’on est quand même dans un contexte de hausse structurelle du prix de l’énergie, je pense qu’il ne faut pas envoyer aux acteurs économiques de mauvais signaux, afin qu’ils ne retardent pas les adaptations inévitables de comportement. Ok par contre pour débattre d’un dispositif qui viendrait aider les ménages les plus fragiles, mais à condition qu’il encourage quand même un minimum les pratiques vertueuses et ne serve pas à remplir des paniers percés ! C’est pour ça d’ailleurs que j’étais séduit en son temps par l’idée d’une taxe carbone compensée (une sorte de bonus-malus généralisée à toute consommation d’énergie fossile).

  2. 2
    larroque
    27 juillet 2011 à 08:29
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    En plein projet d’étude sur la précarité énergétique, je découvre vos articles et votre réfléxion sur les comportements de nos concitoyens en matière de consommations énergétiques. Plusieurs études et analyses sont lancées à ce propos et la conclusion finale c’est que rien n’est possible sans l’implication et l’engagement de chacun. Alors comment faire pour passer à l’acte? Montrer l’exemple, inciter, contraindre ? jusqu’où les décideurs sont-ils prêts à aller pour nous pousser à agir? Mais ont-ils simplement intérêt à nous faire agir? Pour quelles raisons agirait-on autrement ? Quels sont les risques, les avantages? Autnat de questions encore sans réponses significatives pour les consommateurs en mal de consommation ! les familles en situation de précarité énergétique ne nous entendent pas et nous ne les entendons pas; c’est un dialogue de sourd et à l’image de se commentaire, un monologue !
    A bon entendeur,

  3. 3
    Etienne
    1 septembre 2011 à 11:02
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    La définition de la PE que vous évoquez est celle des anglais : si Christine Lagarde consacre 12% de ses revenus à chauffer sa piscine, elle n’est pas pour autant considérée en situation de précarité énéergétique. Cet indicateur est utile, notamment pour une évolution dans le temps (suivi INSEE) et des comparaisons internationales, mais il est notoirement insuffisant car oubliant les situations de privation.

    Le fonds national d’aide évoqué est créé, il s’appelle le FART mais comme toujours, avec les cibles prioritaires et les effets de seuil, de nombreuses situations ne sont pas résolues.

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